L’éthogramme

L'éthogramme est un catalogue de comportements qui se base principalement sur l'observation, il est propre à chaque espèce.
Toutes cette phase d'observation permet de définir la journée type d'un équidé et donc d'établir ses besoins qu'il convient de reproduire au maximum dans le cadre de sa vie actuelle.
Toutes les informations données sont pour un équidé domestiqué et vivant au pré.


Le cheval a besoin de :
- manger entre 15 à 18 heures par jour.
- se déplacer entre 10 et 20 kilomètres par jour.
- d'observer son environnement.
- laisser son corps gérer l'environnement climatique.
- vivre en groupe.

Tous les groupes de chevaux sont soumis à une hiérarchie relativement stable. Elle permet d’éviter que les problèmes d'accès aux ressources ne se terminent par un conflit, et facilite la cohabitation. Une fois la hiérarchie établie, elle varie relativement peu. Cela nécessite que tous les animaux du groupe se connaissent individuellement. À la fin, le cheval s’oriente à l'aide des caractéristiques visuelles, auditives et surtout olfactive.
Dans un groupe de races diverses, les équidés de petit gabarit ou les femelles peuvent tout à fait se situer tout en haut de la hiérarchie. Cela est lié au fait qu’outre les caractéristiques physiques, les facteurs psychologiques comme le prédisposition au combat, le tempérament, la réactivité et la confiance en soi jouent également un rôle déterminant dans l’établissement du rang hiérarchique.
Les équidés occupant un rang élevé dans la hiérarchie bénéficient de certains privilèges par rapport à leurs subordonnés. Ils peuvent choisir le meilleur coin d’herbage, l’endroit le plus propice au repos, etc. En contrepartie, ils se doivent de garantir la sécurité et la protection des chevaux de rang inférieur, ce qui est en fin de compte très important pour le bien-être de ces derniers.

Un cheval qui veut se montrer menaçant adopte une mimique particulière: il couche ses oreilles, contracte ses naseaux et tire la commissure de ses lèvres vers l’arrière et le bas. Les conflits sans contact corporel comme secouer la tête, les menaces de ruades ou les menaces de morsure sont les moins dangereux. En revanche, les morsures et les coups avec contact corporel comportent plus de risques de blessures. Les formes de menace agressives comme les balancements de tête, les charges et les morsures sont le plus souvent dirigés par les animaux de rang supérieur contre des subordonnés.

Les chevaux disposent de plusieurs postures de soumission et d’apaisement qui permettent d'enrayer les conflits sans avoir à subir un combat. Visuellement, les postures de soumission sont souvent à l'opposé des postures de menace. Le cheval tente de se faire tout petit, baisse ou détourne la tête, rentre la queue et l’arrière-main. La queue plaquée entre les postérieurs est également un signe de peur, tout comme les lèvres contractées et les naseaux allongés peuvent être un signe de soumission. Les oreilles sont souvent couchées sur le côté, parfois complètement à l’horizontale, les pavillons pointant vers le bas, voire l’arrière. Les signaux de soumission et d’apaisement sont plus ou moins marqués en fonction de la situation, de la différence de rang et du lien entre les chevaux. Par exemple, la soumission se manifestera moins clairement au pâturage ou entre deux chevaux amis qu’en stabulation ouverte, dans l’attente du repas. En cas de menace, un cheval va manifester sa reconnaissance de la supériorité de son congénère par une réaction d’évitement, c’est à dire un retrait, un éloignement ou une fuite rapide. Le retrait est parfois difficile à percevoir par l’observateur, dans la mesure où les animaux, sans être menacés, maintiennent une distance sociale correspondant à leur rang hiérarchique. Il s’observe surtout dans les groupes stables à la hiérarchie clairement établie et disposant de suffisamment d’espace.

La communication visuelle tient un rôle essentiel dans les rapports sociaux chez les chevaux. Celle-ci est très riche et se compose de nombreuses postures, « mimiques » et « parades ». Le langage corporel des chevaux est très subtil. La posture du cheval est essentielle à prendre en compte et chaque partie du corps y joue un rôle : les naseaux, les oreilles, le port de tête, la position de l’encolure, la queue, les membres… La tonicité de la posture renseigne sur l’état émotionnel du cheval. Le passage d’une posture à une autre est progressif : le cheval enchaîne une série de postures qui annonce les suivantes. L’enchaînement des postures dépend de la réaction du cheval auquel elles sont adressées : si le cheval destinataire perçoit le message et réagit de façon adéquate, l’enchaînement de postures s’arrête ; s’il persiste, l’enchaînement continue. Les postures habituellement observées : cheval pâturant, cheval au repos debout (sur 3 membres, tête relâchée), cheval en chassant un autre (tête étendue, oreilles en arrière), cheval regardant au loin (tête haute mais pas d’autres signes), cheval en vigilance (tête très haute, oreilles fixes, pointées vers l’avant, queue un peu relevée).

Source : IFCE
Auteurs : Léa LANSADE Ingénieur de recherche en éthologie - INRAE-IFCE, Marianne VIDAMENT Docteur vétérinaire - ingénieur de développement IFCE, Hélène ROCHE Ethologue - Ethologie du cheval, Claire NEVEUX Ingénieure de recherche en bien-être équin - Ethonova

Les équidés sont herbivores et se nourrissent principalement de graminées et d’herbacées. Ils savent distinguer précisément chaque plante, ils ont une préférence pour certaines, et en délaissant d’autres. Étant donnée qu'ils sélectionnent les herbes, les chevaux ne broutent pas les surfaces de manière uniforme. A certains endroits, l’herbe sera broutée jusqu’à la racine, alors qu’à d’autres elle va être plus dense pas car ils ne se nourrissent pas de la végétation qui pousse à l’endroit où ils ont déféqué.
Si l'alimentation naturelle est pauvre en énergie et riche en fibres, les chevaux mastiquent soigneusement. Ils ont besoin de se nourrir pendant une longue période pour que leurs besoins nutritionnels soit satisfait. Les chevaux en pâture broutent quelques 12 à 18 heures par jour.
La durée de la prise alimentaire dépend principalement de l'offre alimentaire et des conditions météorologiques. Toutefois, elle comporte une limite minimale et maximale. Les chevaux broutent rarement plus de 18 heures par jour. D'autres activités, comme le repos et les interactions sociales sont primordiales. La durée minimale de pâturages se situe autour de 12 heures. Le fait de manger en groupe stimule l'appétit.
Les chevaux mangent aussi bien le jour que la nuit. Les principaux repas qui durent plusieurs heures se déroulent le plus souvent à l'aube ou à la tombée de la nuit. Des repas intermédiaires plus courts sont pris en fin de matinée et pendant l'après-midi. Ils peuvent même les écourtés en cas de trop forte chaleur, si les insectes sont trop nombreux, par temps froid et humide. Cependant, les chevaux passent rarement plus de 3 ou 4 heures sans manger. Tout écart important peut avoir pour conséquence des troubles gastro intestinaux, à savoir une colique.
L'eau joue un rôle important dans le fonctionnement de l'appareil digestif et du métabolisme ainsi que la thermorégulation. La quantité d'eau nécessaire dépend de l'état physiologique des animaux, de l'activité physique (sudation), du type de fourrage et de sa composition, ainsi que de la température ambiante.
lorsqu'ils ont de l'eau à disposition en permanence, les chevaux boivent fréquemment et en petites quantités tout au long de la journée et de la nuit. La fréquence d'abreuvement augmente durant les mois chauds ainsi que par temps froid et sec. Lorsque les températures sont élevées les chevaux boivent volontiers une fois, voire deux fois par heure. Les chevaux aux boxs absorbent environ 90 % de leurs besoins en eau immédiatement avant ou après les repas.

Les chevaux adultes consacrent 7 à 9 heures par jour à dormir.
Comme chez tous les animaux de fuite, le sommeil du cheval est polyphasique, ce qui signifie qu'il décompose son temps de repos en plusieurs petites phases courtes réparties sur toute la journée. Les chevaux aux prés somnolent 13 à 22 minutes par jour et 23 à 36 minutes par nuit en moyenne annuelle.
Les chevaux ne s'allongent que lorsqu'ils sont très familiarisés avec leur environnement. Ils privilégient souvent les endroits offrant une vue bien dégagée et permettant de bien capter les odeurs.
Les chevaux ne s'allongent jamais tous en même temps, certains somnolent debout auprès de leurs compagnons étendus, et se tiennent prêt à réagir à tout moment. Ainsi le groupe demeure en alerte, ce qui est très important pour ces animaux de fuite.

Les chevaux se déplacent essentiellement au pas, ils marchent quasiment dans les pas des uns et des autres. Ces déplacements en file indienne assurent la sécurité du groupe.
Tous les animaux sont en contact visuel, auditif et olfactif. De plus, les tracés dessinés par leurs allées et venues représentent le plus souvent un zigzag, ce qui améliore le contact visuel entre les membres.

Bien que la défécation et la miction soient d'abord des choses naturelles, elles jouent également un rôle essentiel dans la communication.
Les chevaux défèquent 8 à 12 fois par jour, à intervalles réguliers. Lorsqu'un cheval défèque, les autres l’imitent souvent.
Les chevaux urinent toutes les 4h en moyenne.
Les chevaux n'ont pas besoin de développer un comportement d'élimination visant à prévenir les infections parasitaires et bactériennes. Par conséquent, ils n'affichent pas de comportement inné d'évitement des matières fécales. Les chevaux déposent généralement leurs excréments à des endroits bien spécifiques. Ainsi, il se forme sur nos prairies délimitées des zones que les chevaux ne pâturent pas tant que le sol est imprégné de l'odeur de leurs excréments. L’herbe y devient donc très haute.
On sait aujourd'hui que les matières fécales et l'urine contiennent des phéromones qui donnent des informations sur la condition physique de l'individu qui les a déposés.

Le fait de pouvoir se livrer librement à ces comportements contribue de manière significative au bien-être des animaux . On distingue le toilettage individuel et le toilettage social. Ce dernier a une fonction de communication tandis que le premier est un comportement de confort que chaque animal exécute pour son propre compte. Il inclut notamment les mordillements, le léchage du corps, le grattage avec les sabots des postérieurs, le frottement contre les objets ou une partie du corps et les roulades, bains et secouements.
Les roulades ont vraisemblablement une fonction de communication et on observe souvent plusieurs membres du groupe se rouler les uns après les autres ou en même temps au même endroit.
Un cheval se secoue après s'être roulé ou lorsque son pelage est mouillé. En revanche, ce n'est pas le cas après un bain de boue car la couche étalée a une fonction protectrice. Les insectes sont chassés par des coups de queue, des coups de pied contre le sol ou sur le corps et des coups de nez. Les chevaux se placent tête-bêche, afin de chasser avec leur queue les mouches qui tournent à côté de la tête de leur partenaire.
Le toilettage mutuel sert à renforcer les liens et a une fonction apaisante car il fait baisser la fréquence cardiaque.

Le jeu est une activité purement gratuite qui a pour but le plaisir qu'elle procure. Cela contribue également à la santé physique et psychologique.
Les jeux entre congénères se caractérisent par la recherche d’un partenaire social, suivie d'une invitation à jouer. Pour ce faire, les chevaux poussent, pincent, mordillent, agitent leur tête et encerclent leur partenaire en sautant de manière exagérée. Ils affichent également leurs intentions en soulevant leur queue le plus haut possible. Tous les chevaux comprennent ce signal visuel, auquel vont répondre tous les animaux d’humeur joyeuse se trouvant dans les environs. Souvent, l’étincelle se propage à tout le groupe et l’on assiste pendant quelques minutes à une course-poursuite ponctuée de ruade et autres acrobaties, le tout agrémenté de ronflements.